Anecdotes

Journal d’un couple (trop) confiné !

Le confinement à deux, le test de survie ultime d’un couple ? Non, il y a mieux (pire) : le confinement à deux, dans un appartement et en télétravail. Découvrez le quotidien en confinement de Claire et Paul, un couple qui s’aime autant qu’il se déteste…

CLAIRE

Jour 1 : En un seul mot, mon année, ma bonne humeur légendaire et ma vie ont été bouleversées : confinement ! J’ai beau aimer fort Paul, je ne suis pas sereine à l’idée de vivre enfermée 30 heures sur 24 avec lui. En vacances je tolère plutôt bien sa présence permanente mais en télétravail… Et puis, comment vais-je dire (un peu) de mal de lui sans qu’il ne m’entende ?

Jour 2 : Bon, travailler face à sa moitié toute la journée va être compliqué. Impossible de me concentrer, il passe son temps en visioconférence avec son équipe ou en ligne avec ses clients. Du coup, je suis contrainte et forcée de patienter dans la cuisine, au niveau du placard à gâteaux. Et il fait un bruit pas possible en tapant avec son clavier, un éléphant dans un magasin de porcelaine, enfin sur son clavier de porcelaine. Il va falloir que l’un de nous s’aménage un bureau temporaire. Un Shifumi plus tard, je garde le salon et lui va s’installer un bureau de fortune dans la petite chambre d’amis. 

Jour 3 : Premier apéro Skype avec les copines ce soir. Avec Paul, nous avons pensé utile à l’annonce du confinement : nous avons décidé de ne plus acheter de bouteilles mais directement des cubis. Pour l’amour de l’écologie et de la cuite !

Jour 4 : Ça n’a pas raté… premier apéro Skype du confinement = première cuite. Je suis incapable de lire plus de 3 lignes sur mon écran sans avoir envie de vomir… Mais le télétravail a quand même du bon : je m’allonge sur le canapé, agonisante, avec mon écran et mes mails à proximité, sait-on jamais !

Jour 5 : Paul a cru que le confinement signifiait grève de la douche ? J’ai l’impression de vivre avec le vieux chien mouillé de ma grand-mère. Sauf que l’un des deux ne bave pas.

Jour 8 : J’adoooore le confinement : je n’avais pas autant mangé de gâteaux et de chocolats depuis mon enfance. Paul tente bien de me mettre en garde : il me dit que je vais grossir et qu’ensuite je vais me plaindre. Mais puisque nous allons tous mourir d’un virus ou d’un autre, autant manger (beaucoup). D’ailleurs, aujourd’hui je vais me faire des muffins banane-chocolat ! Et j’ai surtout eu la meilleure idée de ce confinement : j’ai enlevé les piles du pèse-personne. Pas de mauvaise surprise pour le moment donc pas de risque accru de dépression, CQFD. 

Jour 9 : Je vais lancer une pétition sur Change.org pour une réouverture exceptionnelle de Zara. Le confinement juste après mon anniversaire, c’est pas possible ! Et puis, ce n’est pas parce que nous sommes confinés que nous devons tous être moches. 

Jour 12 : Manger beaucoup et gras et sucré et calorique c’est bien, mais j’ai quand même l’impression de retrouver ma peau d’adolescente before pilule. Vous savez, quand on vous confondait avec une calculatrice.

Jour 13 : Apparemment, les divorces liés au confinement explosent en Chine. Ce n’est pas étonnant : les êtres humains ne sont pas faits pour vivre ensemble en continu. Dire que je ne supporte plus vraiment Paul serait un (doux) euphémisme… Pour apaiser ma haine, je suis sur Youtube devant un tutoriel « Construire un jeu de fléchettes avec le visage de votre conjoint pour cible ». 

Jour 16 : Je vote pour le télétravail et les réunions en vidéoconférence : je coupe caméra et micro (lorsque ce n’est pas à mon tour de parler) et j’en profite pour faire du rangement à proximité, les poussières aussi. Mais quand j’entends mon prénom, là c’est plus compliqué. Si je n’ai absolument rien suivi (80% du temps), je fais mine d’avoir un réseau de piètre qualité et je demande à ce que l’on me répète les faits. Et j’en rajoute une couche lorsque je rappelle que j’ai de (faux) problèmes d’audition : ça passe tout seul. Le télétravail m’aura appris une chose, je ne veux jamais plus retourner au bureau et continuer à faire semblant de travailler en pyjama avec le téléfilm de la 1 en fond. 

Jour 17 : Est-ce que chez vous aussi les pantalons rétrécissent à vue d’œil ? 

Jour 18 : Est-ce que pour vous aussi le vendredi soir est devenu le pire moment de votre semaine ? Avant (il y a déjà trop longtemps), quand je quittais mon boulot, j’étais excitée rien qu’en pensant à mes activités (et mes apéros) du week-end. Maintenant, lorsque le week-end approche, j’ai presque envie de pleurer en pensant à toutes ces copines que je ne verrai pas et à toutes ces boutiques dans lesquelles je ne rentrerai pas.

Jour 20 : Une amie profite du confinement pour ne plus se laver les cheveux. Elle me met au défi. La bobo-crado mais pas trop qui sommeille en moi hésite… je ne mets déjà plus de déo et me douche à des heures indécises et pas le dimanche… l’arrêt du shampoing c’est peut-être la goutte de trop. Mais quand même, si c’est pour le sébum, il faut le faire ! Je demande à l’homme (je ne daigne même plus utiliser son prénom quand je ne le supporte plus) de m’accompagner dans cette démarche écolo ! C’est parti, longue vie aux cheveux gras !

Jour 24 : Je suis à deux doigts d’aller me recueillir devant la vitrine de Zara. Je suis presque certaine de lâcher ma petite larme. 

Jour 25 : Mon buraliste me fait remarquer que je fume beaucoup plus qu’avant. Mais de quoi je me mêle BORDEL ? C’est tout ce qu’il nous reste (avec les cubis), donc allons-y !

Jour 28 : je suis parti en pèlerinage jusqu’à feu mon bar de quartier. Même l’odeur atroce qui se dégageait des WC me manque. Dépression, phase III activée. 

Jour 33 : Voyage en Thaïlande annulé en mars, tous les ponts inutiles et à domicile en mai, vacances d’été très probablement dans la région… Non, vraiment, je n’étais pas prête pour ça. Il faut recommencer 2020.

Jour 34 : Une amie me propose de participer au Top Body Challenge qu’elle est sur le point d’entamer. Dois-je lui dire qu’elle ne sortira plus jamais de chez elle et qu’elle peut donc finir obèse ? Parce que clairement, tout le monde s’en fout ! Moi j’ai abandonné tout espoir de rentrer dans mon bikini de l’été dernier sans ressembler à une grosse saucisse. Et puis, à quoi bon un bikini sans plage ? Parce que l’été au balcon, je le sens venir, gros comme une maison.

Jour 36 : C’est plus « Omar m’a tuer » mais « coronavirus-confinement m’a tuer ». Je n’en peux plus ! J’ai envie de voir les copines, de trinquer à chaque bouteille de blanc ouverte, de finir complètement pompette… Pour me remonter le moral, j’organise mon quatrième apéro Skype de la semaine. Je vais lancer une nouvelle pétition pour 3 jours de RTT par an dédiés au lendemain de cuite.

Jour … : Je ne sais même plus quel jour nous sommes, Paul ressemble à Tom Hanks dans Seul au monde et je ne rentre plus dans aucun de mes pantalons. J’ai d’abord cru y aller un peu fort sur l’essorage mais j’ai remis les piles du pèse-personne : mon deuxième malaise vagal de 2020 (le premier c’était au réveillon, quand j’ai fait connaissance de la femme en ballerines-chaussettes) : + 4 kilos. La fin est proche les amis, je vous le dis ! 

Jour 56 : J-1 avant le déconfinement. On a eu du soleil pendant 55 jours mais, forcément, demain sera une journée de pluie. Dire que j’ai posé ma journée pour en profiter…

PAUL

Jour 1 : Confi-quoi ? Confinement ? Bah, on verra bien. Cela ne doit pas être si terrible de rester enfermé à la maison, en mode réunion-pyjama. Plus obligé de prendre la voiture matin et soir, de parler à mes collègues, plus forcément contraint de me raser. Puis je ne verrai plus la tête de mon con de collègue. Je le sens bien ce confinement.

Jour 2 : Je suis mis à l’écart, dans la chambre d’amis où je dois me créer un bureau d’appoint. Un Shifumi raté, une Claire implacable et me voilà éjecté du salon. Vaut-il mieux être confiné seul ou à deux ? Je m’interroge…

Jour 3 : Je fais plaisir à Claire et me joins à son premier apéro Skype entre copines. Quelle joie ! Un apéro avec des femmes, rien que des femmes. Ah non, les conjoints sont là aussi, ma soirée est peut-être sauvée. Ah non, visiblement le conjoint est là pour jouer les pantins, sans droit à la parole, et doit remplir le verre de sa chère et tendre. Je la préviens que c’est déjà le septième verre, qu’elle n’a rien mangé et qu’elle travaille demain ? Naaaaaaaaan, j’aurai la paix demain !

Jour 4 : Je ne sais pas si le confinement aura un impact positif sur notre état de santé, et plus particulièrement sur notre foie, étant donné la vitesse à laquelle descendent les cubis…Claire ressemble à sa mère après 3 nuits blanches, a la voix de Patricia Kaas et fait son home office dans le canapé ! Le confinement lui sauve la mise (et sûrement une journée de RTT).

Jour 5 : Ce qui est plutôt cool avec le confinement, c’est que je ne suis plus obligé de mettre chaque jour le costume intégral. Je passe mes journées en pyjama et j’attends la fin de journée pour me doucher. Le déo ? C’est fini ! 

Jour 8 : La femme de ménage nous manque, vraiment. Moi qui ne suis pas porté sur le ménage, je dois reconnaître que l’appartement est absolument dégueulasse. Nous voyons des moutons de poussière un peu partout ! Encore un Shifumi de perdu et je dois m’y coller. Il faudrait que je vérifie qu’elle n’a pas une astuce pour TOUJOURS me vaincre au Shifumi.

Jour 9 : Claire qui me demande de faire un peu de rangement dans ma « garçonnière ». Ma garçonnière, sérieusement ? Est-ce là un message à décoder typiquement féminin ? Moi je trouve que ça sent comme d’habitude. Je ne comprendrai décidément jamais les femmes.

Jour 12 : J’ai l’impression de vivre avec Sue Ellen, Claire boit les cubis plus vite que son ombre.

Jour 13 : Comme l’impression que Claire me fait la gueule. Je ne sais juste pas pourquoi mais j’ai conscience que dans ces moments-là, j’ai forcément fait quelque chose de travers. Je commence déjà à ramer : petits compliments, tentatives de baisers fougueux, apéritif apporté jusqu’à son bureau… Rien n’y fait : elle ne daigne pas me regarder. Si seulement les fleuristes étaient ouverts…

Jour 17 : J’ai fait 6 supermarchés aujourd’hui et c’est toujours rupture du PQ (le nouvel or blanc) et de pâtes ! Le PQ passe encore mais les pâtes… ma vie va s’arrêter. Claire me suggère de faire un tour à l’épicerie italienne du quartier ! Alléluia, il reste des pâtes à 3.99 € les 500 grammes ! Va falloir les savourer !

Jour 18 : Comment lui dire qu’elle a grossi sans déclencher la Troisième Guerre mondiale ?

Jour 19 : J’ai voulu aller courir ce soir, sur recommandation de Claire, après avoir été pris en flagrant délit de passion Curly (le gros paquet hein !). Me voilà tout avec ma tenue de sport neuve, que Claire a pris grand soin de m’offrir, à la redécouverte du quartier. Ah, visiblement nous sommes des centaines à avoir eu les mêmes recommandations : j’ai l’impression d’être au départ du marathon de Paris. Et si j’allais en courant jusqu’à la fenêtre du copain Max ? Ce serait cool ! Et je reviendrai en sprint (pour la transpiration).

Jour 20 : Claire me propose d’arrêter le shampooing, au nom d’une cure de sébum. Bon, ça ne changera pas grand-chose à ma routine, je suis quelqu’un de tout-en-un : le gel douche me sert aussi pour les cheveux. J’accepte avec grand plaisir !

Jour 24 : J’ai découvert avec effarement que ma barbe avait des reflets roux lorsqu’elle est vraiment longue. Claire s’en est aperçue aussi, elle m’appelle désormais « Weasley ». J’aurai ma revanche.

Jour 25 : Revanche en cours. Mon plan machiavélique ? Continuer à ne plus mettre de déodorant et faire l’impasse sur la douche. Il va falloir qu’elle me supplie et qu’elle s’excuse : je ne suis pas un Weasley !

Jour 30 : C’est un CAUCHEMAR !!! Je n’en peux plus ! Les soirées bières entre potes, les soirées sans Claire à manger des Curly devant Netflix… Il y a de quoi devenir fou ! Quand est-ce que cela va s’arrêter ? Je crois que j’ai besoin d’oublier un peu avec un gros apéro !

Jour 31 : Je n’aurais peut-être pas dû terminer au rhum hier soir, Claire m’avait pourtant prévenu… Aujourd’hui c’est moi qui ressemble à mon père avec la voix de Renaud. Et mon bureau pour la journée sera le canapé !

Jour 36 : C’est bon je connais le nom de toutes les rues de mon quartier, même des impasses. On peut revenir à une vie normale là ?

Jour 39 : Putainnnn !!! Mon année est officiellement foutue : ils parlent carrément d’arrêter la Ligue 1 de Football et de conserver les classements actuels pour établir la liste des vainqueurs ! Je ne dirai pas quelle équipe je soutiens mais ça ne m’arrange pas du tout ! Putain de coronavirus !

Jour … : Quand va-t-on pouvoir retourner dans les bars ? Quand va-t-on pouvoir s’entasser au comptoir dans l’espoir de commander des pintes qui coûtent un bras ? Quand la vie normale va-t-elle reprendre ? Je pense que je vais relancer le concept de speak easy et ouvrir un bar clandestin dans la cave. Les gens se battront pour prendre une bière au comptoir de la cave. Je vais devenir riche et célèbre !

Jour 56 : J-1 !!! Alléluiaaaaaaa, on va pouvoir se déplacer à plus d’un kilomètre de son domicile et voir les copains ! Je préviens d’ores et déjà Claire que mes 5 prochaines soirées sont occupées et je lui recommande de profiter de moments entre copines. On s’aime mais on a clairement besoin d’air. Profitons, jusqu’au prochain confinement

Pour rire encore un peu :

2 commentaires sur “Journal d’un couple (trop) confiné !

  1. Super cet article, j’ai beaucoup rigolé, c’est chouette d’avoir les 2 points de vue ! J’avoue que la dernière phrase « Profitons, jusqu’au prochain confinement… » m’a un peu angoissé aha

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